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Un survol du livré dé Job

La souffrance est seulement un problème si vous croyez en Dieu. Sans Dieu la souffrance n'a pas de dimension moral ce n'est que du hasard. Soit vous avez de la chance, soit vous ne l'avez pas. Il n'y a pas de raison. Il n'y a pas de faute.

Mais si vous croyez en Dieu la souffrance devrait plus vous posez un problème. A la base nous croyons que nous avons un Dieu qui est bon et qui est tout-puissant. Face à la souffrance il y a certains propos que les gens avancent. Nous pouvons les exprimer ainsi:

  1. Devant la souffrance, si Dieu est bon il n'est pas tout-puissant. Un Dieu qui est bon n'aimerait pas voir ses créatures souffrir, il ferait quelque chose. Qu'il y ait de la souffrance dans le monde et que Dieu n'intervienne pas nous montre donc qu'il n'est pas tout-puissant.
  2. Devant la souffrance, si Dieu est tout-puissant il n'est pas bon. Un Dieu tout-puissant a la capacité d'arrêter la souffrance de ses créatures. Qu'il ne le fasse pas nous montre donc qu'il n'est pas bon, il préfère voir ses créatures souffrir.

Est-ce que Dieu est tout-puissant alors? Est-ce que Dieu est bon alors? A ces deux questions la réponse de la Bible est un "oui" résonnant. Et, il me semble que ce réponse n'est pas plus claire que dans le livre de Job, un livre qui nous met face à face à la souffrance d'un homme droit et innocent. Cependant, ce que nous trouvons dans le livre de Job c'est qu'il n'y a pas de réponse claire à la question de pourquoi un homme puisse souffrir. Certainement le livre abord cette question, et en donne plusieurs réponses, mais l'auteur du livre vise une question encore plus profonde - quelle est la nature de notre foi en Dieu face à la souffrance. Qui amène une autre question: Est-ce que nous pouvons avoir confiance en Dieu dans la souffrance?

Dans les semaines à venir nous allons passer du temps à regarder la vie de Job. Ce matin j'aimerais vous présenter un survol du livre entier. Je le fais pour nous aider à nous situer dans l'histoire de Job, pour nous aider à comprendre sa vie, sa famille, ses amis et, surtout, ses souffrances et ses questions - et de ces deux derniers il y en avait pas mal!

Le livre

Parlons premièrement du livre de Job tel qu'il se trouve dans notre Bible. Quand nous nous tournons vers un nouveau livre de la Bible pour l'étudier il y a certaines questions à poser. Les deux premières questions sont presque toujours: "Qui a écrit ce livre?" et "Quand est-ce que ce livre a-t-il été écrit?"

Ces questions ne touchent pas nécessairement à notre foi mais il est important de les poser parce qu'elles peuvent nous donner un aperçu sur l'histoire de la Bible et comment la pensée des gens développe. Elles peuvent aussi nous aider dans l'interprétation du livre. Si nous connaissons le contexte et l'arrière plan d'un tel ou tel écrit nous sommes mieux placés pour le comprendre et l'appliquer à notre monde moderne.

Et si nous posions ces deux questions sur le livre de Job? En effet, à propos de l'auteur et la date du livre il y a d'autant de possibilités et de théories qu'il y a commentateurs sur le livre. Mais, pour finir, nous ne savons pas exactement qui a écrit le livre et nous ne savons pas exactement quand il a été écrit. L'auteur est inconnu et la date est inconnue, mais cela ne veut pas dire que nous ne savons rien ou que nous ne pouvons pas, selon ce que j'ai déjà dit, comprendre et interpréter le livre. Simplement il faut un peu plus de travail.

Il est probable que Job n'est pas l'auteur du livre qui porte son nom. Il y a plusieurs raisons à cela mais nous n'allons pas nous encombrer avec tous les détails ce matin - c'est pour une autre foi.

Ce que nous pouvons dire de l'auteur - qu'il soit, pour finir, Job ou un inconnu - c'est qu'il était un érudit qui écrivait de la bonne prose et de la très belle poésie. La qualité de ses écrits est magnifique; sans égale parmi tous les écrits qui existent et qui viennent du monde moyen-oriental ancien. D'autres auteurs de la région ont abordé des thèmes semblables mais leurs œuvres n'ont pas la majesté et la profondeur du livre de Job.

En ce qui concerne Job lui-même, la Bible affirme qu'il existait un homme qui s'appelait Job. Le prophète Ezéchiel parle de lui deux fois au chapitre 14 de son livre et dans le Nouveau Testament il est mentionné dans l'épitre de Jacques. A chaque fois Job est présenté comme étant un homme réel, nous devons dire donc que Job est vraiment une personne qui a vécu à un certain moment dans l'histoire.

Mais à quel moment alors? Une des raisons pour laquelle il est tellement difficile de donner une date précise au livre de Job c'est parce que le monde du livre ne semble pas être le monde de l'auteur.

Qu'est-ce que je veux dire par cela? C'est ceci. L'auteur du livre était certainement un juif. Sa façon de parler de Dieu dans les partis "prose" du livre - c'est-à-dire les deux premiers chapitres et le dernier chapitre - est typiquement juive. La poésie de la plupart du livre est semblable à beaucoup de poésie juive du temps de Salomon jusqu'à l'exil. Mais Job dans le livre ne parle jamais des choses juives comme l'exil ou le temple ou d'autres choses qui auraient remplies les pensées des juives des quelques siècles avant Jésus-Christ.

Certains aspects donc du livre suggère qu'il a été écrit assez tard dans l'histoire d'Israël mais il y a d'autres aspects qui semblent être très anciens. Par exemple, dans les premiers versets du premier chapitre nous trouvons un résumé de la vie de Job. Dans ces versets nous trouvons le monde des patriarches, d'Abram, d'Isaac et de Jacob. Comme eux, Job avait des milliers d'animaux, quelque chose qui devenait de plus en plus rare avec le passage du temps. De plus, Job offrirait des sacrifices pour ses enfants - il était le prêtre de la maison - tout comme Abram, Isaac et Jacob avant le temps de Moïse et l'alliance entre Dieu et le peuple d'Israël. A la fin du livre nous découvrons que Job a vécu jusqu'à l'âge de 140 ans. Encore cela nous rappelle les longues vies des patriarches.

Le livre, est il très ancien ou plus moderne donc? C'est difficile à dire. Mais une chose que nous pouvons dire c'est que quoi que cela soit l'âge du livre le monde de Job semble être intemporel, nous avons difficile à le placer à un certain moment dans l'histoire. A cause de cela Job nous parle beaucoup plus facilement.

Les personnages

Le livre de Job est un livre très humain. Il traite des problèmes humains de la souffrance et de la foi et il le fait à travers l'histoire d'un homme qui perd tout, qui ne comprend pas pourquoi et qui reçoit la visite de quelques amis qui viennent lui "soutenir" (entre guillemets) dans son moment de misère.

Quand je réfléchissais sur comment parler de tous les personnages qui sont présents dans le livre de Job je pensais "Et si on faisait l'histoire de Job comme une pièce de théâtre? Cela donnerai quoi alors?"

Il y aurait un narrateur qui introduirait l'histoire. Le narrateur sait tout et il connait tout. C'est lui qui fait la mise en scène de la pièce. Il nous explique comment Job est un homme juste et intègre et puis il nous introduirait la cour de Dieu au ciel.

Les premiers acteurs arriveraient sur scène. Il y a Dieu, il y a Satan et il y a les fils de Dieu - ces derniers restent dans l'arrière plan parce que les projecteurs sont sur Dieu et Satan. Dieu et Satan parlent. Dieu parle le premier: "As-tu remarqué Job, mon serviteur? Il n'y a personne comme lui sur la terre; c'est un homme intègre et droit, qui craint Dieu et s'écarte du mal." Satan réplique "Est-ce pour rien que Job craint Dieu? Ne l'as-tu pas protégé, lui, sa maison et tout ce qui lui appartient? Tu as béni l'œuvre de ses mains, et son troupeau s'accroît dans le pays. Mais étends ta main, je te prie, et touche à tout ce qui lui appartient: à coup sûr, il te maudira en face." Nous pouvons imagine que Dieu pause… il sait ce qu'il va faire, il sait ce qu'il va lancer contre Job, bien que Job va rester ignorant de tout ce qui se passe dans la cour céleste… "Eh bien, tout ce qui lui appartient est en ta main; seulement, ne porte pas la main sur lui!" Et Satan part pour mettre en œuvre son plan diabolique contre Job.

Et la cour céleste part, remplacée par Job, tout seul sous la lumière éclatante du projecteur. L'acteur est richement habillé, il joue le rôle d'un homme important, fort respecté. Un par un des serviteurs viennent lui annoncé mauvaise nouvelle après mauvaise nouvelle. Il a tout perdu - ses bœufs, ses ânesses, ses brebis, ses chameaux, ses serviteurs et pour finir, et le pire de tous, ses dix enfants.

Que fait Job? Surement il va se révolter, lever le poing et hurler contre Dieu. Mais non, encore une fois tout seul sur scène il se jette par terre et dit "Je suis sorti nu du sein de ma mère, et nu je retournerai dans le sein de la terre. L'Eternel a donné, et l'Eternel a ôté; que le nom de l'Eternel soit béni!"

La lumière se baisse et la voix du narrateur nous explique: " En tout cela, Job ne pécha point et n'attribua rien d'injuste à Dieu."

Encore la scène change et nous sommes de nouveau dans la cour de Dieu. Encore Dieu et Satan parle. Dieu parle de Job mais Satan n'est toujours pas convaincu que Job est aussi intègre qu'il ne semble. Encore Dieu lui donne permission de mettre Job à l'épreuve en touchant à sa propre personne, à sa santé.

Puis, de nouveau nous sommes avec Job. Cette fois ci ce n'est pas le Job que nous avons vu la première fois. Cet homme est diminué, malade, sa peau couverte d'ulcères et ses vêtements déchirés. Celui qui fait le maquillage au théâtre avait du boulot pour montrer la misère de Job. Assis par terre Job se gratte, mais il ne se plaint pas. Entre en scène un nouveau caractère - la femme de Job. Elle ne apparait que dans cette scène et elle à des paroles fortes et accablantes à dire: "Tu demeures ferme dans ton intégrité! Maudis Dieu, et meurs!"

Faisons le premier entracte et sortons du théâtre un instant pour parler de la femme de Job. Quand nous lisons ses paroles, la seule chose qu'elle dit dans le livre, nous sommes tentés de la dédaigner, de dire qu'elle est une mauvaise. Mais arrêtons un instant. Elle a passé, largement, par la même épreuve que son marie. Elle a perdue aussi ses dix enfants. Elle souffrait aussi. Sa réponse n'étais pas idéale, certes, mais je me demande si j'aurais fait mieux dans des circonstances pareilles. Il ne faut pas trop juger la femme de Job.

Retournons au théâtre, la deuxième partie commence. Trois nouveaux caractères vont maintenant arriver. Ce sont les trois amis de Job - Eliphaz, Bildad et Tsophar. Ils arrivent, ils s'assoient près de Job et ils ne disent rien. Ils sont simplement présents avec lui, en silence. Selon le livre de Job ils restent comme cela pendant sept jours. Dans notre théâtre nous n'avons pas sept jours nous devons donc imaginer que sept jours se sont passés. Et puis Job parle. Il lamente sa vie et puis la discussion commence entre Job et ses trois amis. Job demande "Pourquoi tout ceci m'est-il arrivé?" Et ses amis répondent.

En gros, et pour raccourcir un peu les choses ce matin, l'essentiel de la discussion c'est que les amis de Job disent "C'est ta faute" et Job dit "Ce ne l'est pas!". La discussion chauffe jusqu'à ce qu'un quatrième ami, Elihu, arrive. Il fait son discours et personne ne répond. Il y a une pause, c'est le moment pour notre deuxième entracte. Nous n'attendons que le dénouement de l'histoire.

Notre petit théâtre aurait probablement un problème pour l'avant dernière scène de l'histoire parce que la toile du fond c'est la création entière. Comment représenter cela? Peut-être que nous puissions monter un film. Imaginons cela alors. Le film commence sur terre. Nous voyons toutes sortes d'animaux sauvages. Nous voyons les régions polaires, les déserts, les jungles, les forêts. Ces choses ne nous servent à rien mais elles font la majesté et la beauté de notre planète. Et puis nous quittons cette terre, nous passons par la lune, et nous continuons, nous regardons les autres planètes et puis nous sortons de notre système solaire.

Nous accélérons et après un moment nous voyons notre galaxie, notre galaxie qui se trouve dans un coin reculé de la Voie lactée, une galaxie parmi des centaines de milliers d'autres galaxies. Avec un peu plus de recul nous avons l'univers entier sous nos regards. Nous voyons tout à l'échelle cosmique et nous sommes loin de chez nous. Comme l'a dit l'astronome Carl Sagan: "La terre est une très petite scène dans la vaste arène du cosmos."

Dans cette scène Dieu intervient et Dieu parle. Job et ses amis ne peuvent qu'écouter. Ce qui est frappant dans ce que dit Dieu c'est qu'il ne donne pas une réponse aux questions de Job. A la place de faire cela il demande à Job de considérer sa propre place dans la création de Dieu. Qui est Job face à la majesté et la grandeur de toute la création? Job aidait-il Dieu dans la création des étoiles? Job était-il présent quand Dieu à façonné tous les animaux de la terre? Job sait-il gérer l'univers entier?

Cette scène nous laisse essoufflée. Job aussi. Sa réponse est courte: "Je sais que tu peux tout, et qu'aucune pensée ne t'échappe. Qui est celui qui, sans connaissance, assombrit mes projets? Ainsi j'ai parlé, sans comprendre, de choses étonnantes qui me dépassent et que je ne connais pas. Ecoute, je te prie; moi, je parlerai; je t'interrogerai, et tu m'instruiras. Mon oreille avait entendu parler de toi; maintenant mon œil t'a vu. C'est pourquoi je renonce: je me repens sur la poussière et la cendre."

Les paroles de Job sont bouleversantes, inattendues même. Job ne reçoit pas de réponse à ses question, mais il semble être content, satisfait, avec ce que Dieu lui a dit. C'est ici que nous devons repenser, je crois, ce que nous connaissons de l'histoire de Job. Le livre de Job ne donne pas une solution au problème de la souffrance, il nous force à nous tourner simplement vers Dieu avec une attitude d'humilité et de foi. Une conclusion peut-être inattendue que nous allons devoir examiner de plus près.

Après ce moment bourré de signification Dieu a quelques trucs à dire aux amis de Job concernant leur façon de voir les choses. Et nous nous trouvons près de la fin de l'histoire. Notre dernière scène comprende Job, sa femme et ses nouveaux enfants. Job est habillé richement, un homme important, respecté, entouré par sa famille et ses amis. Le narrateur nous explique que Dieu lui a donné le double de ce qu'il avait avant. Job est heureux et satisfait.

Et le rideau tombe.

Dans ma petite pièce de théâtre il y a plein de choses que je n'ai pas mentionnés, des détails intéressants à explorer. Je vous laisse aussi, sans doute, avec des questions. Mais ce matin nous ne faisons qu'un survol du livre de Job. Dans les semaines à venir nous allons regarder de plus près ce qui s'est passé dans la cour de Dieu, la discussion des amis et l'intervention de Dieu dans l'histoire. Nous essayerons de trouver des réponses à des questions que ce livre soulève pour nous. Qui veut dire, si vous avez des questions spécifiques n'hésitez pas à m'en parler. Je ne peux pas vous garantir une réponse satisfaisante mais je ferai mon mieux!

Le sujet

Nous connaissons maintenant un peu les origines du livre. Les personnages de l'histoire ont été introduits, parlons maintenant du sujet du livre de Job. Je ne vais pas dire beaucoup ici, je veux simplement introduire quelques idées qui se trouvent dans ce livre sans trop les analyser pour l'instant. Nous aurons le temps de faire cela dans les semaines à venir.

De quoi parle le livre de Job? La majorité de livre est pris par la discussion entre Job et ses trois amis. Comme nous savons déjà Job, ainsi que se amis, est ignorant de ce qui s'est passé au ciel entre Dieu et Satan. Job ne connait qu'une chose - il a tout perdu et il ne sait pas pourquoi. Avant qu'il ne fasse sa lamente au chapitre 3 Job est calme, posé. Ses réponses au malheur qui lui arrive sont aussi calmes et posées. Il n'y a pas d'amertume, il ne râle pas. Job semble accepter sa situation.

Mais au chapitre 3 nous voyons le tumulte dans le cœur de Job, nous sentons son agitation. Lisons quelques unes de ses paroles du chapitre 3: "Périsse le jour où je suis né, et la nuit qui dit: Un enfant mâle est conçu! Ce jour! Qu'il se change en ténèbres, que Dieu n'en ait point souci dans le ciel, et que la lumière ne rayonne plus sur lui! ... Pourquoi ne suis-je pas mort dans le ventre de ma mère? Pourquoi n'ai-je pas expiré au sortir de ses entrailles? Pourquoi ai-je trouvé des genoux pour me recevoir, et des mamelles pour m'allaiter? Je serais couché maintenant, je serais tranquille, je dormirais, je reposerais, …Mes soupirs sont ma nourriture, et mes cris se répandent comme l'eau. Ce que je crains, c'est ce qui m'arrive; Ce que je redoute, c'est ce qui m'atteint. Je n'ai ni tranquillité, ni paix, ni repos, et le trouble s'est emparé de moi."

Le langage de Job dans ces versets est assez particulier mais le sentiment est clair. Du milieu de sa détresse il lance des questions - "Pourquoi moi?", "Qu'est-ce que j'ai fait pour mériter tout ceci?" Ce sont, je crois, des questions posées par tous ceux et celles qui souffrent. Ce sont des questions universelles face à la souffrance.

Mais il faut quand même être un peu plus nuancé. Nous ne parlons pas de la souffrance tout courte, dans le contexte de l'histoire de Job nous parlons de la souffrance imméritée. Parfois nous faisons quelque chose et nous en souffrons les conséquences. C'est dérangeant mais ce n'est pas nécessairement une surprise. Ce qui nous dérange c'est quand nous souffrons injustement.

Si vous est parent vous connaissez peut-être ce scénario: Un jour votre enfant fait du mal - il frappe son frère, ou sa sœur. Vous lui dites "Faites ça encore et tu iras dans ta chambre sans le souper…" Et votre gentil enfant vous regarde tout innocent et puis "baf" il frappe encore son frère, ou sa sœur - devant vos yeux. Il en ramasse les conséquences. Il souffre pour ce qu'il a fait.

Mais un jour, après une journée vraiment lourde au travail vous rentrer chez vous. Vous êtes de mauvaise humeur et cela c'est trop peu dire. Votre enfant vient vous dire bonjour, son jus d'orange dans sa main. Il fait un faux pas et, malheur, vous avez un tout petit peu de jus d'orange sur vous. Vous explosez et vous criez: "Dans ta chambre! Maintenant! Pas de souper pour toi!" Votre enfant souffre mais il ne mérite pas cette souffrance et il crie "Ce n'est pas juste!"

C'est ce que Job crie aussi vers Dieu "Ce n'est pas juste!" Et son cri est suivi par ses questions. Le problème pour Job c'est qu'en premier lieu la réponse à ses questions vient des sources humaines. Les amis de Job qui viennent lui parler essayent de raisonner avec lui. Ils lui disent que, s'il souffre c'est parce qu'il a dû faire du mal. Peut-être qu'il ne se rend pas compte mais il a dû faire du mal pour connaitre une telle souffrance. Quelqu'un qui est innocent ne souffre pas comme cela. Il est donc coupable.

Ce que disent les amis de Job est vrai, d'une certaine manière. Techniquement ils sont corrects. La Bible parle du fait qu'on moisson ce qu'on a semé. Il y a des conséquences à nos actions. Le problème c'est que cette vérité générale ne s'applique pas au cas de Job. Job est innocent, il n'a pas péché, il ne mérite pas sa souffrance. Mais ses amis sont convaincus qu'il y a du péché caché quelque part dans sa vie, et si seulement Job arriverait à le trouver et se repent tout ira bien. En plus, les amis manquent de compassion, d'humilité et d'humanité dans leur façon de parler à Job.

Eliphaz, Bildad et Tsophar régurgitent la sagesse conventionnelle du monde, mais ce n'est pas suffisant. Même le discours de Elihu du chapitre 32 à 37, aussi impressionnant et percutant qu'il soit, n'arrive pas à entrevoir le fond du problème de Job. Les amis de Job son limités par ce qu'ils pensent savoir de comment fonctionne le monde. Les consolateurs de Job n'arrivent pas à lui consoler. Il faut quelque chose de plus, il faut, pour finir, que Dieu intervienne.

Et au chapitre 38 Dieu intervient. Il parle du milieu de la tempête et il parle directement à Job. Les amis sont oubliés pour l'instant bien que Dieu aura quelques paroles pour eux plus tard. Dieu reprend Job, non pas pour son ignorance mais pour le fait qu'il a parlé de son ignorance, il a parlé sans connaitre de quoi il parle.

Dieu dit à Job "Qui es-tu? Que sais-tu? Que connais-tu?" Et Job doit admettre qu'il n'est rien, qu'il ne sait rien et qu'il ne connait rien. Cela est d'autant plus clair quand Dieu met devant lui toute la magnificence de la création. Job a voulu mettre Dieu dans une boite et lui mettre des limites. Il voulait lui dire ce qu'il peut faire et ce qu'il ne peut pas faire, ce qu'il doit faire et ce qu'il ne doit pas faire. Je crois que cela soit notre tendance tous aussi, nous voulons dicter à Dieu comment résoudre nos problèmes, nous voulons lui dire comment mettre fin à notre souffrance.

Mais Dieu dit, en effet "Hé, non mon gars, c'est moi qui est aux contrôles de l'univers et je ne rends pas des comptes à toi!" Dieu n'est pas fâché avec Job mais il va lui remettre sur le bon chemin. Qui ne veut pas dire lui écraser ou lui "mettre à sa place" méchamment. C'est quoi ce chemin? C'est accepter que Dieu est Dieu et que Job est Job.
Dieu a fait toute la création sans l'aide de Job et Job doit comprendre cela. Et Job accepte et il est satisfait avec ce que Dieu lui a dit. Sa souffrance n'est pas expliquée mais sa foi est affermie. Job a été fidèle à Dieu malgré sa souffrance et cela Dieu reconnait.

Conclusions

Le livre de Job n'est pas un livre facile. Sa forme - la prose et la poésie peuvent être un peu opaque, il faut s'y mettre pour avancer dans l'histoire. De plus important, le contenu n'est pas toujours facile à avaler. Le livre ne donne pas de solution à la souffrance. Il ne nous explique pas pourquoi quelqu'un puisse souffrir d'une manière injuste. Mais il nous donne, je crois, une nouvelle optique sur la souffrance. Il nous demande de voir les choses comme Dieu les voit. Dieu a permis que Job soit mise à l'épreuve pour prouver sa foi et sa fidélité, pour prouver que Job ne se détournerait pas de Dieu même dans les pires des circonstances. Dieu n'est pas déçu par Job. Et pour finir, avec une nouvelle compréhension de comment Dieu gouverne son univers, Job n'est pas déçu par Dieu. Le Dieu du livre de Job est bon et puissant et Job le reconnait bien.

J'aimerais terminer avec une lecture du Psaume 8. Pour moi ce Psaume capture bien notre place dans l'univers devant un Dieu si puissant mais aussi si bon:
Quand je contemple les cieux, ouvrage de tes mains,
La lune et les étoiles que tu as créées:
Qu'est-ce que l'homme, pour que tu te souviennes de lui?
Et le fils de l'homme, pour que tu prennes garde à lui?
Tu l'as fait de peu inférieur à Dieu,
Et tu l'as couronné de gloire et de magnificence.
Tu lui as donné la domination sur les œuvres de tes mains,
Tu as tout mis sous ses pieds, les brebis comme les bœufs,
Et les animaux des champs, les oiseaux du ciel et les poissons de la mer,
Tout ce qui parcourt les sentiers des mers.
Eternel, notre Seigneur! Que ton nom est magnifique sur toute la terre!


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