* Imprimer

  Ecouter ce message
ou Télécharger en MP3 (14,61 Mo)

Lire la Bible

Cliquez les mots soulignés pour faire ouvrire une fênetre avec le verset ou passage approprié de la Bible Louis Segond.

Ou, cliquez ici pour avoir la table de matières pour la Bible entière dans une nouvelle fênetre.

Commentaires?

Vos commentaires sont toujours les bienvenus.

1 Corinthiens 14:34-40

Que les femmes se taisent ?

Note : il y avait une présentation PowerPoint pour ce message.
Le changement de page est marqué par un numéro dans le texte :
#1
Cliquer le numéro pour regarder l'image dans une nouvelle fênetre.

Nous avons passé quelques semaines dans 1 Corinthiens 14 pour parler des dons de l'Esprit. Dans ce chapitre l'Apôtre Paul a pris pas mal de temps pour aborder le sujet des dons de parler en langues et de la prophétie. Il a expliqué aux Corinthiens comment ils doivent regarder ces deux dons et comment ils doivent les pratiquer dans l'église. La chose la plus importante qu'il a voulu faire passer c'est ces dons sont pour l'édification de l'assemblée entière. Un don n'est pas pour celui ou celle qui l'exerce - c'est pour l'église. Par conséquent, personne n'a le droit de se vanter de "son" don ni se faire voir en l'exerçant.

Afin de faire respecter ce qu'il dit Paul met des limites à combien de personnes puissent parler en langues ou prophétiser dans une réunion de l'église. Toujours, tout doit être fait pour le bien de tous et les dons doivent trouver leur place correcte dans l'ensemble de ce qui se passe dans un culte. En plus, le comportement de l'église doit refléter le caractère de Dieu - Dieu n'est pas un Dieu de désordre, mais de paix. Il faut donc que les actions des membres de l'église n'amènent jamais de confusion ou division.

#1 Aujourd'hui nous arrivons au bout du chapitre. Nous allons regarder quelques versets qui sont parmi les plus controversés de la Bible. Au sujet de l'interprétation de ces versets il existe une multitude de livres, commentaires et idées. Ce sont les versets qui parlent des femmes dans l'église. C'est sur ces versets que nous allons nous concentrer ce matin. Lisons ensemble 1 Corinthiens 14, du verset 26 à 40.

Quelques remarques

D'abord, avant d'aller plus loin, j'aimerais faire quelques remarques à propos de comment nous allons approcher ce passage. Si nous voulons appliquer la parole de Dieu à notre vie nous devons la comprendre et l'interpréter. Tous les livres de la bible ont été écrits pour des raisons précises, à des moments précis, dans des lieux précis pour des personnes précises.

Nous n'étions pas les destinataires de la lettre que nous appelons 1 Corinthiens. Elle était destinée à une église un peu comme la nôtre, mais dans une société très différente, dans une époque très différente, dans un pays très différent. Comprendre et interpréter ce passage demande du travail. Ce travail est nécessaire si nous voulons être aussi certains que possible que notre application de ce que Paul a dit aux Corinthiens soit juste pour nous les membres de l'église de Libramont.

Je ne veux pas dire par cela que seulement les érudits peuvent comprendre et interpréter la bible. Comme j'ai dit une fois, dans un autre message, "la bible est comme un lac dans lequel un enfant puisse faire trempette et dans lequel on puisse noyer un éléphant." Je veux simplement souligner le fait que face à un passage difficile, où il y a beaucoup de différends entre les chrétiens honnêtes et de bonne volonté, nous devons avancer avec une certaine hésitation dans nos propos. Il ne suffit pas d'ouvrir la bible, lire les versets une fois et puis prononcer nos conclusions.

Il sera possible d'aller creuser dans des centaines de livres qui parlent de ce passage, de la culture et des mœurs de cette époque-là. Nous pouvons, je crois que nous devons, profiter de ce que d'autres ont déjà travaillé sur ce passage. Mais, pour finir, la bible doit être notre guide. Nous devons nous baser sur ce qu'elle nous dit et admettre qu'il y a des choses qu'elle ne nous dit pas. Nous ne connaissons pas tout, nous connaissons "en partie". Cela veut dire que nous devons reconnaitre qu'il nous est presque impossible de reconstruire, avec certitude, tout ce qui se passait à Corinthe. Nous ferons notre mieux, bien sûr, mais il y aura toujours des questions à laquelle notre seule réponse sera "je ne sais pas".

Mais, ne soyons pas découragés. Malgré le fait qu'il y aura de l'incertitude dans certaines choses, nous pouvons être certains qu'il est, quand-même, possible d'arriver à appliquer ce passage à notre vie. Il y aura des "peut-être" ou "il est possible que", mais nous pouvons beaucoup apprendre de ce que Paul dit aux Corinthiens. Il y a des principes à retirer de ses paroles qui vont nous aider dans nos relations dans l'église.

Pour trouver ces principes nous devons regarder les paroles de Paul aux versets 34 et 35 dans leur contexte - c'est-à-dire, premièrement, les versets qui les entourent qui parle de l'ordre dans l'église. Puis, il faut aussi regarder plus loin. Le contexte comprend aussi le livre dans lequel ces versets se trouvent. C'était une lettre envoyée à une église troublée par des divisions et de l'égoïsme. Si nous arrivons à bien situer ce que Paul dit aux femmes dans le contexte des cultes de l'église et les attitudes présentes dans les membres de l'église, nous allons pouvoir en tirer des bonnes conclusions.

Une interprétation juste ?

#2 Quand nous lisons les paroles de Paul nous reculons : "que les femmes se taisent dans les assemblées, car il ne leur est pas permis d'y parler; mais qu'elles soient soumises, selon que le dit aussi la loi. Si elles veulent s'instruire sur quelque chose, qu'elles interrogent leurs maris à la maison; car il est malséant à une femme de parler dans l'Église."

A nos oreilles, ce que Paul dit nous semble, au mieux, très vieillot et démodé, au pire, horriblement sexiste et misogyne. Ce passage, en premier vu, n'est pas très agréable. Le sens clair de ce que Paul dit nous choque. Il semble qu'il dit, en effet, qu'une femme, parce qu'elle est une femme, n'a aucun droit de parler dans l'église.

#3 C'est troublant, non ? C'est pourquoi il faut que nous soyons honnêtes - ce passage est troublant. Voilà, je l'ai dit ! #4 Mais, est-ce que c'est possible d'arriver à une interprétation juste de ce passage qui tient compte de tout ce que Paul dit, sans dégouter ceux qui nous écoute ? Est-ce que c'est possible que "le sens clair" des paroles de Paul ne soit pas aussi clair que nous pouvions croire ? Je dis cela avec beaucoup d'hésitation - je ne veux pas vous faire croire qu'il y a une clé ésotérique qu'il faut trouver avant de pouvoir comprendre ce que dit Paul. Non, ce passage est clair, quand nous comprenons ce qui se passait à Corinthe. Et tout ce qu'il nous faut pour comprendre ce qui se passait à Corinthe se trouve dans le texte devant nos yeux.

#5 J'aimerais prendre quelques instants pour vous donner un petit résumé de comment d'autres chrétiens ont compris et interprétés ces versets. Cela nous permettra de voir nous options et choisir celle qui nous semble la plus raisonnable. Il y a quatre grandes lignes que nous pouvons tracer. Il est possible que vous ayez déjà entendus l'une ou l'autre de ces idées.

1. Supprimer ces versets

Certains commentateurs disent qu'il faut, simplement, supprimer ces versets. Ils disent que Paul ne les a jamais écrit; qu'ils avaient été insérés plus tard par les scribes qui copiaient les manuscrits originaux. Leur raisonnement ? Dans certains manuscrits grecs ces versets ont été déplacés. Au lieu de les trouver à leur place normale après le verset 33, ils se trouvent à la fin du chapitre. Pour soutenir leur position ces gens ajoutent, tout simplement, que Paul n'était pas comme ça ! Ils jugent que celui qui a écrit "Il n'y a plus ni Juif ni Grec, il n'y a plus ni esclave ni libre, il n'y a plus ni homme ni femme; car tous vous êtes un en Jésus-Christ" dans Galates 3:28 ne peut pas être l'auteur de 1 Corinthiens 14:34 à 35. En plus, il est possible d'enlever ces deux versets sans vraiment changer le sens du passage entier. Quoi dire de cette position ?

Premièrement, quand on examine l'évidence des manuscrits grecs on trouve que, malgré le nombre d'exemplaires qui ont ce déplacement de versets, les textes sont tous de la même famille. C'est-a-dire, il y a un texte qui est le parent de tous les autres. Pour finir, cela réduit, réellement, l'évidence à un seul manuscrit. Un document tout seul ne peut pas soutenir cette position.

Deuxièmement, est-ce vraiment à nous de juger l'Apôtre Paul et dire "Oui, il peut dire ceci mais, non, il ne peut pas dire cela" ? Il est bien possible que nous n'aimions pas ce que Paul dit ici, mais est-ce que cela nous donne le droit de rejeter, ignorer ou détourner ce qu'il dit ? Sommes-nous soumises à la bible ou est-elle soumise à nous ?

2. Ignorer ces versets

Si nous lisons ailleurs dans 1 Corinthiens nous trouvons, assez vite, qu'il semble qu'il y a une contradiction entre ce que Paul dit ici, au chapitre 14, et ce qu'il dit au chapitre 11. Au chapitre 11 Paul parle des femmes qui prient ou qui prophétisent. Pour prier ou prophétiser il faut parler... Est-ce qu'une femme peut parler dans l'église ou non ? Selon le chapitre 11, oui. Selon le chapitre 14, non.

Certaines se servent de cette contradiction apparente pour annuler ou adoucir ce que Paul dit au chapitre 14, d'autres pour annuler ce que Paul dit au chapitre 11. C'est un jeu intéressant. La deuxième option, étant la plus populaire des deux, vaut un peu plus d'explication.

Ceux qui ne veulent pas que les femmes parlent dans l'église disent qu'au chapitre 11 Paul fait une concession aux féministes de l'église de Corinthe. Elles peuvent parler si elles doivent absolument le faire mais, Paul préférait qu'elles ne le fassent pas. Nous pouvons imaginer, ils nous disent, qu'il a fait cette concession en secouant la tête et avec des soupirs lourds. Chapitre 14, par contre, révèle sa vraie position, sa position idéale pour l'église. Le problème ? Les féministes de Corinthe étaient trop difficiles, elles ne pouvaient pas être maitrisées et Paul n'avait pas d'autre option que de les laisser faire.

Quoi dire ici ? Si Paul se contredit vraiment il n'est pas un très bon écrivain, il est un théologien abominable et, franchement, un lâche. Dire une chose quand tu veux vraiment dire une autre n'est pas très sympa, ni courageux. Est-ce que c'est le Paul que nous connaissons ? Paul n'hésite jamais à dire ce qu'il pense. Il n'a pas peur de provoquer des émeutes ou exciter les gens s'il le faut. Notre connaissance du caractère de Paul, son amour pour la vérité et son amour pour l'église doit nous amener à rejeter cette position. Je crois que, s'il nous semble qu'il y a une contradiction entre le chapitre 11 et le chapitre 14 c'est parce que nous n'avons pas encore compris ce que Paul voulait communiquer aux Corinthiens. Il se peut que nous ayons des préjuges, le désir d'avoir un certain issu et nous ne laissons pas parler Paul. Ce n'est pas Paul le problème, c'est, peut-être, nous.

3. Modifier ces versets

La troisième position à regarder est, peut-être, la moins connue. Ceux qui la proposent croient que Paul cite un slogan des Corinthiens aux versets 34 et 35. Puis, les versets 36, 37 et 38 sont sa réponse à la position odieuse des Corinthiens sur la place des femmes dans l'église. Cette idée nous donne un bon moyen de s'occuper des paroles difficiles de Paul : quelqu'un d'autre en est responsable !

Nous trouvons, à plusieurs reprises dans sa lettre, que Paul cite les slogans des Corinthiens. Nous trouvons de telles citations claires aux chapitres 1, 6, 7, 8 et 10. Mais chaque fois elles prennent une certaine forme : Paul cite le slogan des Corinthiens et puis il le réfute ou modère en quelques mots bien précis. Je vais vous lire 1 Corinthiens 6:12 comme exemple : "Tout m'est permis, mais tout n'est pas utile; tout m'est permis, mais je ne me laisserai asservir par quoi que ce soit." "Tout m'est permis" était le slogan de certains Corinthiens qui se croyaient libérés de toute contrainte. Paul répond, "Oui, mais tout n'est pas utile. Oui, mais je ne me laisserai asservir par quoi que ce soit".

Qu'est-ce que nous trouvons au chapitre 14 ? Nous ne trouvons pas cette forme. Paul dit au verset 36 : "Est-ce de chez vous que la parole de Dieu est sortie ? ou est-ce à vous seuls qu'elle est parvenue ?" Je trouve qu'il est assez sarcastique ici. Il n'explique pas l'erreur des Corinthiens, il ne modère pas leur slogan, il les aiguillonne. Il n'a fait cela nulle part ailleurs dans ce qu'il les a écrit. En plus s'il cite les Corinthiens il le fait d'une manière beaucoup plus verbeuse qu'ailleurs dans sa lettre. Pour finir, pour ces raisons, et d'autres en plus, pas mal de commentateurs rejettent cette position. Elle est attirante mais pas très persuasive.

4. Comprendre ces versets

La dernière position c'est d'essayer d'interpréter les paroles de Paul dans le contexte de la lettre, et la culture de l'église de Corinthe. Ceux qui prennent cette position croient qu'il y a des indices dans le texte lui-même qui nous montrent que Paul s'adresse à une situation où les relations entre maries et femmes sont devenues très tendues lors des cultes de l'église. Paul essaye donc de régler le problème avec une instruction bien ciblée.

Je crois que cette position prend au sérieux ce que Paul dit sans nier que la culture puisse avoir un effet considérable dans, et sur, une église. Contre cette position est le cri "Oui, mais si tu dis que c'était 'la culture' tout devient relatif et subjectif et tu anéantis la force des paroles de Paul pour notre époque". Cela est bien possible, il faut donc tenir compte de cette critique potentielle dans notre étude du passage.

Il doit être évident que je préfère cette option et je vais essayer de vous expliquer comment cela marche et pourquoi je crois que c'est la meilleure réponse à un passage difficile. Voilà, il m'a pris un peu de temps pour arriver à ce point. Parfois le voyage est aussi important que la destination.

Qu'est-ce qui se passait à Corinthe ?

#6 Qu'est-ce qui se passait à Corinthe ? Le contexte des versets 34 et 35 est l'ordre dans les réunions de l'église et le jugement des prophéties lors d'une réunion de l'église. Comme je vous ai déjà dit Paul a mis des limites à combien de personnes puissent parler et il dit, clairement que "Pour ce qui est des prophètes, que deux ou trois parlent, et que les autres jugent."

Quand une prophétie est reçue il y a quelque chose à faire par la suite - la juger. Comme nous avons vu il y a deux semaines, juger ici veut dire examiner, évaluer et peser une parole donnée avant de l'accepter, ou la rejeter.

Paul parle du jugement des prophéties et que "les autres" doivent le faire. Nous avons vu la dernière fois que "les autres" sont tous les membres de l'église. Les prophètes ne peuvent pas simplement discuter entre eux pour décider si leurs prophéties sont valables.

Toute l'église est impliquée. J'imagine que ce jugement se faisait en publique, devant tout le monde, dirigé par les responsables de l'église. Les responsables avaient la responsabilité définitive pour l'acceptation ou non d'une telle ou telle prophétie mais chacun et chacune avaient un rôle à jouer. Il n'est pas nécessaire que tout le monde parle à haute voix ou intervient pour que le jugement soit fait par tous. Chacun est capable de prier et réfléchir en silence et dire quelque chose seulement s'il le faut. Il ne faut pas imaginer que le jugement des prophéties était un grand débat avec des échanges et la discussion par toute l'église - un tel désordre ira à l'encontre de ce que Paul dit du caractère de Dieu et la paix dans l'église.

Le verset 35 nous donne un indice important pour la compréhension de ce qui se passait. "Si elles veulent s'instruire sur quelque chose". Il y avait des femmes qui avaient des questions, vraisemblablement à propos du jugement des prophéties. Elles posaient leurs questions et pour une raison ou une autre cela dérangeait la réunion. Paul explique qu'elles doivent plutôt poser leurs questions "à la maison" et non pas à l'église. II semble donc qu'il ne parle même pas à toutes les femmes de l'église, seulement certaines qui avaient un comportement dérangeant.

Il est possible que les questions que ces femmes posaient fussent dirigées vers leurs propres maris avec, peut-être, une certaine rigueur. Les traducteurs de notre version de la bible ont bien choisi le mot "interroger" ici. Est-ce que ces femmes posaient des questions un peu trop poignantes à leurs hommes ? Est-ce qu'elles mettaient en doute, en publique, le caractère ou les prophéties de leurs maris ? C'est possible. C'est peut-être pourquoi Paul dit que "il est malséant à une femme de parler dans l'Église". Malséant veut dire quelque chose de honteux, gênant, contre l'ordre correcte des choses.

Dans la culture grecque ils faisaient grand cas de l'honneur et la honte. La position d'une personne dans la société dépendait de l'honneur que l'on lui accordait. Les paroles de Paul aurait été vraiment tranchantes pour l'oreille grecque. Pour une femme de questionner son mari, en publique, aurait été trop dans une culture qui s'attendait à ce que les femmes gardent bien leur place, que les choses soient dans le bon ordre.

Ce que Paul dit touche aussi à l'ordre dans l'église. C'était honteux que l'ordre naturel soit renversé par le comportement de certaines des femmes. C'est ici, je crois, la force de ce que Paul dit quand il parle de la loi au verset 34 : "mais qu'elles soient soumises, selon que le dit aussi la loi". Il n'ya pas de verset dans la loi, c'est-à-dire l'Ancien Testament, qui dit que les femmes doivent se taire. Que dit Paul alors ?

Du début, jusqu'à sa fin nous trouvons dans l'Ancien Testament que Dieu est un Dieu d'ordre. Par exemple, au début il a fait de l'ordre du chaos quand il a tout créé. Plus tard il prend pour lui-même un peuple - Israël. Il sort ce peuple du chaos des nations. L'église doit refléter maintenant cet ordre pour montrer au monde la sagesse et la puissance de Dieu.

Il est aussi possible que Paul fait référence à ce qui est écrit dans Genèse 2 à propos de l'ordre de la création de l'homme et la femme. Les épouses de Corinthe renversent, par leur comportement et leurs questions, l'ordre que Dieu a établi. Je vous encourage de lire les autres messages sur les hommes et les femmes dans l'église que j'ai fait. J'y entre dans beaucoup plus de détail sur ce sujet, quelque chose que je ne veux pas faire ce matin.

Qu'est-ce que le problème ?

Pourquoi les questions posaient-elles un problème ? Premièrement, il faut dire que Paul suppose que les femmes peuvent poser des questions et apprendre. Cela n'était pas une croyance universelle à son époque. Certains de contemporains de Paul croyaient qu'il ne valait pas la peine d'apprendre quoi que ce soit aux femmes. Paul va à contre courant dans son monde.

De nos jours, certains commentateurs assument que les femmes de cette période-là étaient largement ignorantes, mal éduquées et incapables de faire des contributions positives. Nous ne devons pas regarder trop loin dans la bible pour voir l'absurdité de cette pensée. Nous trouvons beaucoup de femmes intelligentes, éduquées, prospères et capables. Pour vos devoirs de cette semaine vous pouvez essayer d'en trouver quelques-unes !

Si donc les femmes étaient capables de poser des questions légitimes, pertinentes, sensées et compréhensibles le problème doit se trouver ailleurs. Je crois que c'était ceci : les questions étaient bonnes, le timing, et le lieu, était mauvais.

A ceci nous pouvons ajouter un autre élément. Au verset 24 du chapitre 14, Paul a dit "Mais si tous prophétisent, et qu'il survienne quelque non-croyant ou un homme du peuple, il est convaincu par tous, il est jugé par tous, les secrets de son cœur sont dévoilés, de telle sorte que, tombant sur sa face, il adorera Dieu, et publiera que Dieu est réellement au milieu de vous."

Paul s'attend à ce qu'il y ait des non-croyants présents dans les grandes réunions de l'église. Il est possible que le comportement des femmes qui posaient des questions était dérangent pour les visiteurs non-croyants. Ils auraient déjà été, peut-être, un peu hésitant et sur leurs gardes. Puis, voir des femmes en train de parler en publique aurait être trop choquant. Ils auraient quitté l'église avec l'intention de ne plus jamais revenir là où les femmes se comportent d'une telle manière - quelle honte pour l'église et pour la cause de Christ dans la ville de Corinthe !

Ce que l'église fait dans la présence des non-croyants est important. Nous ne sommes pas tenus à faire des cultes adaptés seulement aux besoins des non-croyants. Mais il ne faut pas non plus que notre façon d'agir et de parler soit une barrière pour ceux qui viennent voir un peu ce que c'est l'église protestante. Nous devons vraiment veiller à ce que nous faisons et ce que nous disons devant le non-croyants. Non pas par peur, mais pour que nous soyons vraiment du sel et de la lumière dans ce monde.

Que dit Paul ?

Pour finir, que dit Paul ? Il impose le silence sur les femmes, les épouses, qui posent des questions lors du jugement des prophéties. Elles doivent se taire, comme celui qui parle en langues doit se taire s'il n'y a personne pour interpréter ses paroles, comme le prophète doit se taire si un autre reçoit une révélation du Seigneur. C'est une question d'ordre et de paix. Point bas.

Je me sers du mot "impose" après pas mal de réflexion. Mais pour finir, c'est ce que Paul fait. Il impose sa volonté, dans le Seigneur, sur l'église de Corinthe. Les Corinthiens agissent d'une manière inacceptable. Par leur comportement le nom de Christ déshonoré. En plus, leurs actions provoquent de la tension dans l'église, surtout, il semble dans certains mariages. A partir du verset 36 nous trouvons pourquoi Paul répond ainsi aux actions des Corinthiens. "Est-ce de chez vous que la parole de Dieu est sortie? ou est-ce à vous seuls qu'elle est parvenue? Si quelqu'un croit être prophète ou inspiré, qu'il reconnaisse que ce que je vous écris est un commandement du Seigneur. Et si quelqu'un l'ignore, qu'il l'ignore."

L'orgueil et l'indépendance

C'est une question d'orgueil et d'indépendance. Paul s'adresse à l'estimation des Corinthiens de ce qu'ils sont. Ils sont orgueilleux. Ils se croient sage, ils sont fiers de "leurs" dons spirituels. A cause de cette arrogance Paul doit agir, il doit les mettre, de nouveau, sur la bonne voie. Ils doivent comprendre leur place dans l'église mondiale, ils font partie d'un ensemble, ils ne sont pas des pionniers qui doivent trouver des nouveaux façons de faire l'église.

Premièrement, les Corinthiens ne marchent pas avec Paul. S'ils sont vraiment spirituels, s'ils sont vraiment sages, s'ils ont vraiment la connaissance, ils accepteront, tout simplement, ce que dit Paul. Pourquoi ? Paul est un apôtre de Jésus-Christ. Ces paroles sont les paroles de Dieu à l'église. Elles ont toute l'autorité de Dieu derrière, et les Corinthiens doivent reconnaitre et accepter ce fait.

Il est pareil pour nous. Le Nouveau Testament, avec l'Ancien Testament, forme la base de tout ce que nous faisons dans l'église. Des révélations modernes, de quelque manière que nous les comprenions, sont soumises à la parole déjà révélée de Dieu. Il n'y a pas d'exception, pas de "oui, mais" parce qu'il nous semble qu'un homme ou femme soit spirituel, un homme ou femme de Dieu. Si les prophètes de Corinthe ne se soumettront pas à Paul ils seront ignorés, selon le verset 38.

Que veut dire "ignorer" ici ? Cela pourrait signifier que, simplement, il ne faut pas ces, soi-disant, prophètes. Il ne vaut pas la peine de considérer ce qu'ils proclament. Ou cela pourrait être encore plus grave. Dans Matthieu 7:22 et 23 nous trouvons ces paroles de Jésus : "Plusieurs me diront en ce jour-là: Seigneur, Seigneur, n'avons-nous pas prophétisé par ton nom? n'avons-nous pas chassé des démons par ton nom? et n'avons-nous pas fait beaucoup de miracles par ton nom? Alors je leur dirai ouvertement: Je ne vous ai jamais connus, retirez-vous de moi, vous qui commettez l'iniquité". Il est possible que Paul dise que les prophètes de Corinthe qui n'acceptent pas ses paroles connaitront la véritable désapprobation de Dieu. Il y aura, peut-être des conséquences sévères.

Deuxièmement, les Corinthiens ne marchent pas avec les autres églises. Ceci se voir clairement au verset 33 où Paul dit "Comme dans toutes les Églises des saints". Ce qui se passait à Corinthe ne se passait nulle part ailleurs. C'est les Corinthiens qui doivent changer leur comportement. Cela ne veut pas dire que chaque église doit se ressembler ou que nous allons faire tous la même chose dans toutes les églises. Mais il faut que notre pratique s'accord avec les principes révélés dans la parole de Dieu pour le comportement de ses églises. Notre façon de faire la musique, faire la Sainte-Cène, faire les prédications, faire même le café, doit suivre le dessein de Dieu en ce qui concerne la paix, l'ordre et l'amour.

Et nous à Libramont ?

Nous arrivons vers la fin ! Je me rends bien compte que c'est un enseignement assez 'solide'. J'espère que je ne vous ai pas donné de l'indigestion ! Voici un petit résumé avant de vous présenter quelques conclusions : Il me semble que Paul s'adresse à une situation particulaire dans l'église de Corinthe. Lors des cultes, au moment qu'ils jugeaient les prophéties, certaines femmes posaient des questions. Ces questions étaient bonnes, mais le timing ne l'était pas. A cause de ce comportement le culte était dérangé et il y avait des tensions dans l'église, surtout dans certains couples. En plus, le témoignage de l'église était endommagé. Pour résoudre le problème Paul impose des limites sur ces femmes - elles doivent attendre le bon moment et le bon lieu pour poser leurs questions.

Comment est-ce que nous allons appliquer ce que Paul dit à notre situation à Libramont? Nous ne faisons pas des cultes où tout le monde peut parler, tous ensemble, au même moment, débattre la prédication ou lancer des questions lors de la Sainte-Cène. Ce n'est pas notre style, culturellement ce n'est pas ce que nous faisons. Nous avons souvent un moment ouvert de louange et de prière. Il n'y a aucun problème si les femmes veulent parler - prier et prophétiser - pendant ces moments-là. Nos prédications ne sont pas faites selon le style grec de dialogue avec des questions et des réponses. Encore une fois, ce n'est pas notre style. Nous ne donnons pas place aux gens d'interposer des questions lors du message, bien que vous pouvez poser autant de questions que vous voulez après - hommes et femmes ! Jusqu'à aujourd'hui nous n'avons jamais eu une prophétie dans un culte que nous devons, par la suite, juger selon ce que je vous ai déjà expliqué. Si, ou quand, cela nous arrive les paroles de Paul seront, évidement, notre guide.

Si quelqu'un veut poser, en générale, la question "Est-ce que les femmes peuvent parler dans l'église de Libramont ?" je dirai, "Oui, dans les limites de ce que Paul enseigne". Mais est-ce que c'est tout ? Juste dire "Oui, elles peuvent parler" me semble un peu tiède comme conclusion.

Nous ne sommes pas l'église de Corinthe, nous ne fonctionnons pas comme l'église de Corinthe, mais les paroles de Paul ont toujours quelque chose à nous dire. Il y a plusieurs réunions de l'église qui sont ouvertes pour la discussion de choses spirituelles, pour débattre la direction de l'église. Je pense, en particulier, aux assemblées générales, aux études bibliques, à la réunion de prière. Nous pouvons appliquer à ces réunions les principes tirés de ce passage. Je ne veux pas dire que toute femme doit se taire dans ces réunions. Non, loin de cela. Je dirai que quand nous voulons parler, nous devons réfléchir à ce que nos paroles soient appropriées pour le lieu, que notre timing soit juste et que notre attitude soit correcte.

Je vais vous donner un exemple, une situation imaginaire, bien sûr. J'ai une grande idée pour l'église. Nous sommes tous ensemble à notre assemblée générale. Naomi ne pense pas que mon idée soit aussi bien que tout ça, elle est présente est elle dit : "Mais Adrian, tu sais que cela ne va jamais tenir le coup. Est-ce que tu n'as pas pensé à faire ceci au lieu de faire cela ? Pourquoi pas ? Je t'aime, mais t'es bête... mon chéri." A part le fait qu'il n'y personne ici qui croira que Naomi fera ça, l'exemple est bon.

Si elle me questionnait comme cela, devant tout le monde, je vous assure, je ne sentirai pas très bien, et j'imagine qu'il y aurait un échange entre nous deux plus tard. Ceux qui sont dans un couple peuvent chercher pour eux-mêmes la situation équivalente. Il me semble que Paul demande simplement qu'il y ait du respect dans un couple en ce qui concerne leur façon d'être ensemble dans l'église. Je ne veux pas dire qu'il faut faire semblant que tout est parfait, cela non. Mais que les femmes respectent leurs époux dans ce qu'elles disent.

Ah oui, et que les hommes respectent leurs épouses dans qu'ils disent. C'est plus difficile qu'on ne pense ! Si votre époux a dit une bêtise, ou votre épouse à fait une gaffe... il est facile de lâcher un mot, un petit commentaire, une critique, devant les autres qui détruit l'autre. Avec une question sur le caractère ou les intentions de notre conjoint nous pouvons faire des dégâts presque irréparables. Est-ce que j'exagère ? Je crois que non parce que j'ai vu des résultats des telles choses. Dans tout ce chapitre Paul a mis l'accent sur l'édification de l'église. Cette édification comprend aussi ce que nous disons de nos époux et nos épouses.

Puis, plus généralement, et pour terminer, il nous faut du respect et de l'amour les uns pour les autres. Oui, je le dis encore une fois ! Attention à ceux que nous disons à propos des autres - devant eux ou non. Notre respect les uns pour les autres doit montrer, dans l'église et devant le monde, le caractère de Dieu qui est un Dieu de paix et d'ordre.


Si vous avez apprecié cette prédication que vous avez lu et vous aimerez nous aider dans la construction de notre nouveau bâtiment d'église vous pouvez visiter notre site www.1000x50.com, merci.

Retourner à la liste de prédications